Ce mercredi, Madame la Principale est retrouvée sauvagement assassinée dans le bureau de sa secrétaire situé entre son bureau et celui du Principal adjoint. Les trois pièces communiquent par des portes intérieures. Un hall d'entrée permet d'accéder directement au couloir qui dessert ces bureaux. En face du bureau de la principale, un cagibi dont la porte est habituellement fermée à clé.
Lorsqu'elle a quitté Mme Descaves à (ou vers) 12h05, la secrétaire a refermé à clé derrière elle la porte du secrétariat, de sorte que Mme Descaves - qui n'avait pas ouvert sa porte sur le couloir - se trouvait enfermée dans les bureaux, comme à son habitude entre midi et 14h, pour travailler tranquillement.
.jpg)
Le crime est découvert à 13h40 par le concierge. La porte du bureau de Madame Descaves n'est - bizarrement - plus fermée à clé ; les clés sont dans la serrure, à l'intérieur. Les deux fauteuils devant le bureau ont été repoussés, assises contre le mur. La fenêtre derrière le bureau est ouverte, un vantail repoussant le rideau.
Le corps de Madame la Principale gît allongé sur le dos dans le bureau de sa secrétaire, un coupe-papier planté dans l'abdomen et le cordon spiralé du téléphone autour du cou. Dans sa main gauche qui présente des lésions typiques de défense, on retrouve un long cheveu blond avec bulbe. De nombreuses plaies, plus superficielles celles-là, sont répertoriées sur son corps. Sa tête repose sur un paquet cadeau contenant des vêtements d'enfant neufs.
D'après les premières constatations réalisées par les enquêteurs troyens, Madame Descaves s'est défendue avec acharnement contre son ou ses agresseurs. Le désordre qui règne sur les lieux du crime et les nombreuses taches de sang qui maculent murs, sol, meubles, papiers et objets divers dans les deux bureaux en témoignent. Il faut dire que cet ancien professeur d'éducation physique et sportive, très musclée et tonique, jouit, au moment de son meurtre, d'une excellente santé.
De nombreux prélèvements vont être effectués en vue d'analyses biologiques et génétiques :
- 26 scellés sur place, numérotés de 1 à 26.
- 6 scellés lors de l'autopsie, numérotés de 27 à 30 ter.
- 6 scellés de nouveau dans les bureaux, numérotés de 7 à 12 (numéros déjà attribués !!)
- Enfin, 2 scellés numérotés 34 et 35, contenant des prélèvements de cheveux et de sang de M. Dubois, auxquels il a consenti avant sa remise en liberté au terme de sa garde à vue des 26 et 27 avril 1993.
Toutes les personnes entendues par la police déclareront n'avoir aucun élément à fournir pour orienter l'enquête.