Instituteur de formation, Pierre Dubois devient psychologue scolaire, puis il obtient le diplôme de directeur d'établissement spécialisé après une année de stage au centre de formation à Beaumont-sur-Oise (année 1980-1981).
Premier directeur qualifié nommé à la tête de la Section d'Education Spécialisée annexée au collège de Bar-sur-Aube en septembre 1981, il s'efforce de mettre en oeuvre les conduites et méthodes pédagogiques et administratives qu'il a acquises au cours de sa formation.
C'est un homme intègre, "carré", "maniaque de l'ordre" et qui ne cherche pas à séduire. Sa méthode "sans concessions" lui attire bientôt les inimitiés d'une équipe aux pratiques disons "souples"... Pendant six ans, il connaîtra vexations et bassesses, et les rumeurs commencent à courir sur la personnalité soi-disant "complexe" de M. Dubois. Cela alors même que le proviseur - dans ses fiches de notation - reconnaît le sérieux du travail qu'accomplit M. Dubois à la tête de sa S.E.S., le vif intérêt qu'il porte à ses élèves - et au delà - son implication dans l'animation et le fonctionnement du foyer socio-éducatif de la Cité Scolaire (qui regroupe collège et lycée).
Les collègues de la S.E.S. annexée au collège Brossolette de la Chapelle-Saint-Luc connaissent ces rumeurs lorsque M. Dubois arrive à la direction en septembre 1987.
Mais ils se rendent vite compte qu'elles sont infondées et que ce ne sont que ragots colportés par des ex-collègues qui conservent de la rancoeur à l'encontre d'un homme qui avait toujours refusé les compromissions pendant ses années d'exercice à Bar sur Aube.
Pierre Dubois se montre vite à l'aise au sein de sa nouvelle équipe, pourtant bien en place depuis plusieurs années, et dont chaque membre l'apprécie : c'est un homme digne, courtois, très "vieille France", doté d'une certaine distinction, d'une certaine élégance que lui confére sa haute taille, et toujours tiré à quatre épingles.
Toujours calme et pondéré, il les séduit par la manière douce autant qu'efficace avec laquelle il dirige la Section qui regroupe une centaine d'enfants difficiles. M. Dubois respecte les enfants, et ceux-ci le lui rendent bien. Les enseignants trouvent en lui un directeur très présent, qui encourage leurs initiatives et les soutient dans leurs projets pédagogiques.
Il n'est ni flatteur ni vaniteux, et ne fait jamais état du fait qu'il est Chevalier dans l'Ordre National du Mérite. Discret sur lui-même, réservé, il ne parle jamais de l'asthme dont il souffre et que ses collègues ont deviné à cause de la ventilette qu'il a toujours dans sa poche.
Homme aux moeurs spartiates, il gère le budget de l'école comme le sien : scrupuleusement.
Mais parce qu'il ne se montre pas assez familier avec le personnel du collège, parce que sa voix fluette et haut perchée ne correspond pas à sa longue silhouette, parce qu'il n'a que deux passions dans la vie, sa famille et son travail, parce qu'il ne participe pas aux "pots" et qu'il semble vivre de façon quelque peu "étriquée", Pierre Dubois ne plaît pas à tout le monde, et en particulier à la direction toute féminine du collège...